Au cours des longs mois qui ont vu les membres de la famille Petitparc s’opposer au projet municipal de fermeture de l’école, une critique de cinéma avait retenu l’attention de certains d’entre-nous
"Etat d'élue" : portrait d'édile au bord du désenchantement
L'accueil que l'on fera à ce portrait dépendra sûrement de la sympathie que l'on a pour l'engagement de Françoise Verchère, héroïne de cet Etat d'élue. Maire (elle démissionne en cours de film) de Bouguenais, conseillère générale de Loire-Atlantique, elle est de gauche, jadis socialiste, aujourd'hui dissidente par souci d'écologie (elle s'oppose au projet d'aéroport de l'agglomération nantaise) et par refus des compromis.
Reste que ce film intime, élégant, met en scène des situations qui échappent la plupart du temps, non seulement au cinéma mais aussi au journalisme. Son héroïne réticente se tient au seuil du pouvoir. Elle a certes gouverné sa petite ville, mais on la découvre au moment où elle renonce à ce mandat, annonçant sa démission avec une franchise déconcertante : elle a peur de l'habitude de l'exercice du pouvoir (de dire "ma ville", "mes administrés") mais aussi parce qu'elle a perdu son compagnon.
Ce deuil récent, simplement énoncé et jamais exposé, fait planer un nuage de mélancolie sur le film. Françoise Verchère en porte d'autres, moins cruels, plus largement partagés : il lui faut vivre sa vie d'élue en portant toutes les désillusions nées de l'exercice du pouvoir par la gauche.
Luc Decaster donne très largement la parole à son personnage, qui soliloque au long des routes du bocage nantais qu'elle parcourt en voiture. Elle développe, entre autres, des observations - bientôt corroborées par une réunion publique consacrée à l'installation d'éoliennes - sur la disparition presque totale de la notion d'intérêt collectif. Ce dispositif permet aussi au metteur en scène de tirer tout le parti possible des paysages de l'estuaire de la Loire, marais salants, prés où galopent les chevaux.
On sent bien que l'exercice du pouvoir municipal est plus gratifiant que l'échelon supérieur. Les réunions de conseil général donnent au film sa dimension comique, dérisoire, peut-être - c'est là que se fait le passage de l'art oratoire des comices ruraux à la langue de bois.
Au bout de ce film très doux, on se retrouve face à des questions cruelles, sur l'impuissance des politiques, sur la difficulté à vivre ensemble, un questionnement d'autant plus saisissant qu'il surgit dans des paysages idylliques, posé par une femme qui a mené une vie politique plutôt enviable.
Le monde.fr, 9 mars 2010
La politique n’est-elle que ce petit monde d’ambitieux prêts à tout pour se faire réélire, grimper dans la hiérarchie, être le confident du « maître » ? Auquel cas, elle s’en remet à des conciliabules entre personnes averties ou à des réunions publiques où se mêlent langue de bois, communication, pseudo démarche participative et finalement… manque de considération pour le simple citoyen…
Doit-on systématiquement mettre en doute la sincérité de l’élu politique désireux d’agir et prônant l’intérêt collectif au détriment de l’intérêt individuel? Aussi, la défense d’une petite école ne relèverait-elle pas d’un égoïsme humain alors qu’ailleurs les postes d’enseignants « tombent » et menacent d’autres structures scolaires ? Alors, faire de la politique relève du sacerdoce…
Certains d’entre-nous avaient émis l’idée d’inviter le réalisateur et d’organiser, dans le cadre de l’association du Petitparc, une projection suivie d’un débat…
Il s’avère que le film est projeté
lundi 27 février 2012
au cinéma du chapeau rouge de Quimper
à 20h30
La séance est unique et se fera en présence du réalisateur et de Françoise Verchère
En espérant vous y voir nombreux!
Encore merci à Laurent pour sa vigilance et son abnégation !
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